L’interview du Ministre de la Fonction publique et de la Réforme administrative, Dan Kersch

Quels sont les grands axes de digitalisation préconisés par le Gouvernement et comment s’inscrit le CTIE dans ce cadre ?
Le programme « Einfach Lëtzebuerg », porté par le ministère de la Fonction publique et de la Réforme administrative, s’inscrit dans le cadre plus large de l’initiative Digital Lëtzebuerg. Voici trois ans déjà, le Gouvernement s’est doté d’une stratégie numérique globale et cohérente, englobant des sujets aussi divers que la modernisation des services de l’Etat, l’émergence de nouvelles compétences numériques (« e-skills »), l’adaptation des instruments de soutien financier ou encore le développement de nouveaux marchés dans des domaines comme le big data, les technologies de la santé, le secteur financier (« FinTech »), les devises virtuelles, etc.

Si l’on s’intéresse particulièrement à l’administration en ligne et à la réforme administrative, les nouvelles technologies de l’information et de la communication offrent au Gouvernement de nouveaux moyens de simplifier les procédures, de moderniser l’administration et de fournir de meilleurs services aux citoyens. Le Centre des technologies de l’information de l’Etat (CTIE) est là pour accompagner et faciliter la transformation numérique du secteur public, en vue d’améliorer la manière dont il implique les citoyens et interagit avec eux.

Comment s’inscrit la solution DIGICASH dans votre stratégie de digitalisation des services de l’Etat ? Comment va t’elle vous vous aider à atteindre vos objectifs ?

L’amélioration des services publics passe notamment par une simplification des procédures et par la mise à disposition de services numériques faciles d’utilisation et efficaces. Le programme « Einfach Lëtzebuerg » porte une attention toute particulière à la digitalisation stratégique et intelligente des procédures. Les notions de « Digital First » et de « Digital-by-default » sont au cœur de notre action. Par ailleurs, dans le sillage de la déclaration européenne de Tallinn sur l’administration en ligne signée le 6 octobre dernier, nous avons réitéré notre volonté d’ancrer définitivement le principe du «once only» dans la législation, afin de généraliser sa mise en œuvre au sein des administrations. Dans le futur, celles-ci devront réutiliser, sous réserve d’un accord exprès de l’usager, les informations déjà détenues par une autre administration publique. Dans ce contexte, une solution de paiement mobile, qui permet le paiement par Smartphone, en toute simplicité, s’inscrit totalement dans notre stratégie, qui vise à faciliter les interactions entre le citoyen et les administrations.

Quels sont les arguments qui vous ont poussé à adopter la solution DIGICASH ? Selon vous, quels sont les avantages d’une collaboration avec DIGICASH ?

Issue d’un projet recherche et développement soutenu par le Gouvernement luxembourgeois, la solution de paiement DIGICASH a été conçue autour de l’utilisateur, de ses pratiques et de ses besoins. A nos yeux, il s’agit d’une solution d’avenir, sécurisée et déjà adoptée par cinq grandes banques luxembourgeoises. En clair, ce n’est pas nous qui avons choisi DIGICASH, mais bien le public. Utiliser DIGICASH sur son smartphone pour payer ses factures, ses achats en ligne ou ses courses au supermarché devient une habitude de plus en plus courante dans notre pays. Une solution de paiement moderne a donc toute sa place dans les administrations publiques. Très souple, elle permet d’effectuer des paiements en ligne, depuis un portail public comme Guichet.lu, mais aussi de se rendre à un guichet et de payer en utilisant la borne DIGICASH Beacon disponible.

Pour les résidents Luxembourgeois, quels sont les bénéfices de faire des paiements aux administrations publiques avec la solution DIGICASH ?

Les solutions de paiement mobiles représentent surtout un gain de temps et cela s’inscrit parfaitement dans notre volonté de simplification administrative. Le citoyen ne doit pas se connecter à l’interface de sa banque, s’authentifier, taper un numéro de carte de crédit ou chercher dans son portefeuille. Il suffit qu’il sorte son smartphone pour effectuer un paiement. Avec ce système, aucune information sensible n’est stockée sur le téléphone. Le paiement est crypté et les données confidentielles ne peuvent pas être piratées. De plus, la solution DIGICASH est certifiée par la banque qui la met à disposition, sans aucun frais.

Les résidents luxembourgeois peuvent maintenant payer facilement avec DIGICASH les taxes sur les véhicules automoteurs de l’Administration des Douanes et Accises et certains types de contraventions de la Police Grand-Ducale. Quels autres usages et contextes d’utilisation du paiement mobile avez-vous planifié ou envisagez-vous ? Quels autres ministères ou départements suivront ?

Notre volonté est d’étendre la solution DIGICASH au sein d’autres administrations qui le souhaitent, dans la limite de nos prérogatives. Prochainement, nous allons par exemple permettre aux citoyens de payer leur carte d’identité électronique (eID) ou leur passeport avec DIGICASH, en ligne sur le portail Guichet.lu. L’accueil de Guichet.lu, situé rue Notre-Dame à Luxembourg-ville, est aussi équipé d’un DIGICASH Beacon pour permettre de payer son eID directement au comptoir. Les guichets de l’Administration de l’enregistrement et des domaines permettent déjà le paiement par smartphone.

Enfin, en ma fonction de ministre de l’Intérieur, j’ai le plaisir de mentionner que depuis 2012, plusieurs communes ont introduit des modes de paiement électronique, dont DIGICASH, avec le support du Syndicat Intercommunal de Gestion Informatique (SIGI) notamment par la plateforme interactive du secteur communal, macommune.lu.

2018-12-06T14:26:29+00:00